Folklore météo
Teru teru bōzu : la poupée japonaise qui chasse la pluie (et comment la fabriquer)
Le teru teru bōzu est une petite poupée japonaise en papier ou en tissu blanc que l'on suspend à la fenêtre pour demander du beau temps le lendemain. Son nom signifie à peu près « moine qui brille ». Venue d'une coutume chinoise, popularisée à l'époque d'Edo puis par une comptine de 1921, elle se fabrique en dix minutes.
Par l'équipe Weather Witch · Mis à jour le 4 octobre 2026 · 6 min de lecture
L'essentiel
- Teru teru bōzu vient du japonais teru (briller) et bōzu (moine bouddhiste) : la poupée évoquerait le crâne rasé et luisant d'un moine sous le soleil.
- La coutume viendrait de Chine, où l'on suspendait une figurine de papier appelée Saoqing Niang, une jeune femme tenant un balai pour « balayer » les nuages.
- La comptine « Teru teru bōzu », paroles d'Asahara Kyōson et musique de Nakayama Shinpei, a été publiée en 1921 dans le magazine Shōjo no tomo.
- Suspendue la tête en bas, la poupée sert au contraire à appeler la pluie ; on l'appelle alors notamment « furu furu bōzu ».
Le teru teru bōzu est une petite poupée japonaise en papier ou en tissu blanc, en forme de fantôme, que l'on suspend à la fenêtre la veille d'un événement pour demander du beau temps. Son nom signifie à peu près « moine qui brille, qui brille ». Héritée d'une coutume chinoise et popularisée par une comptine de 1921, elle se fabrique en dix minutes avec un mouchoir et un bout de ficelle. Voici sa signification, son histoire, un tutoriel pas à pas, et des idées pour l'utiliser avant votre mariage.
Que signifie teru teru bōzu ?
Teru teru bōzu (てるてる坊主) associe le verbe teru, « briller », en parlant du soleil, et bōzu, « moine bouddhiste ». La poupée évoquerait le crâne rasé d'un moine, qui luit au soleil. Répéter teru teru, c'est un peu comme dire « brille, brille » : un petit encouragement adressé au ciel.
Concrètement, c'est une boule de papier enveloppée dans un carré de tissu ou de papier blanc, serrée au cou par une ficelle, ce qui lui donne l'air d'un petit fantôme. On la suspend à une fenêtre, à une porte ou sous un avant-toit. Au Japon, les enfants en fabriquent avant une sortie scolaire, une fête en plein air ou un pique-nique (Wikipédia).
D'où vient le teru teru bōzu ?
La coutume viendrait de Chine. Dans le nord du pays, on suspendait une figurine de papier appelée Saoqing Niang, « la jeune fille qui balaie le ciel » : une femme en habits colorés tenant un balai, censée chasser les nuages. La pratique aurait gagné le Japon à l'époque de Heian (794-1185), puis s'y serait installée à l'époque d'Edo, où la figure de la jeune fille est devenue celle d'un moine.
Un texte japonais de 1830, le Kiyū Shōran, décrit déjà l'usage : si le temps se met au beau, on dessine les pupilles sur le papier, on offre du saké aux dieux et on le verse dans la rivière.
| Repère | Ce qu'on sait |
|---|---|
| Origine probable | Chine, figurine Saoqing Niang à balai |
| Arrivée au Japon | Probablement à l'époque de Heian (794-1185) |
| Usage établi | Époque d'Edo (1603-1868) |
| Première description détaillée citée | Kiyū Shōran, 1830 |
| Comptine | 1921, magazine Shōjo no tomo |
| Version inversée | Tête en bas pour appeler la pluie |
La légende du moine
Une légende plus sombre circule aussi : un moine aurait promis d'arrêter une longue période de pluie, aurait échoué, et l'aurait payé de sa tête. C'est un récit populaire, sans source historique solide, mais il explique la petite ficelle nouée au cou… et la réputation légèrement inquiétante de la poupée.
Que dit la comptine du teru teru bōzu ?
La comptine « Teru teru bōzu » est une chanson pour enfants publiée en 1921 dans le magazine Shōjo no tomo, sur des paroles d'Asahara Kyōson (nom de plume d'Asahara Rokurō) et une musique de Nakayama Shinpei. Elle est encore chantée dans les écoles maternelles japonaises.
En substance, l'enfant s'adresse à la poupée :
- Premier couplet : « petit moine du beau temps, fais qu'il fasse beau demain », comme le ciel d'un rêve d'autrefois, et s'il fait beau, il recevra une clochette dorée.
- Deuxième couplet : si le vœu est exaucé, on lui promet du saké sucré à volonté.
- Troisième couplet : et si le ciel reste nuageux et pleure… il menace de lui couper la tête.
Ce dernier couplet surprend toujours les lecteurs français. Il est aujourd'hui souvent oublié ou passé sous silence. Dans la petite ville d'Ikeda, dans la préfecture de Nagano, un musée, la « Maison du teru teru bōzu », est consacré au parolier.
Le teru teru bōzu est aussi bien connu des amateurs d'animation : il apparaît dans Les Enfants du temps (Tenki no ko, 2019) de Makoto Shinkai, film dont l'héroïne a justement le pouvoir de faire revenir le soleil, comme le rappelait le Japan Times.
Comment fabriquer un teru teru bōzu pas à pas ?
Il vous faut un carré de tissu blanc ou de papier (mouchoir en papier, essuie-tout, coton fin, chute de lin), une boule de papier pour la tête, de la ficelle ou un ruban, et un feutre. Comptez dix minutes.
- Faites la tête. Froissez un mouchoir en papier ou une demi-feuille en une boule bien ronde, de la taille d'une balle de ping-pong pour une poupée de fenêtre.
- Préparez le corps. Prenez un carré de tissu ou de papier d'environ 25 à 30 cm de côté. Plus le carré est grand, plus la « robe » est ample.
- Enveloppez. Posez la boule au centre, rabattez le carré par-dessus et lissez-le autour de la tête.
- Serrez le cou. Nouez une ficelle ou un ruban juste sous la boule. Laissez une longueur de 20 à 30 cm pour suspendre la poupée.
- Ajustez la robe. Écartez les pans du tissu pour qu'ils tombent joliment. Un ruban de couleur au cou fait très « mariage ».
- Le visage, ou pas. La tradition veut qu'on attende le beau temps pour dessiner les yeux, en remerciement. Beaucoup de gens dessinent quand même un sourire tout de suite, et personne ne vous en voudra.
- Suspendez. Accrochez-la à une fenêtre orientée vers le ciel, tête en haut. Attention : tête en bas, elle appelle la pluie. Au Japon, on l'appelle alors notamment « furu furu bōzu », la version des étés trop secs.
- Remerciez. S'il fait beau, dessinez-lui des yeux et gardez-la, ou offrez-la à quelqu'un qui en a besoin.
Pour un résultat plus durable, préférez un coton blanc et une tête en ouate ou en polystyrène : la poupée tiendra toute une saison de mariages.
Comment utiliser un teru teru bōzu pour un mariage ?
Le teru teru bōzu est un rituel météo parfait pour un mariage : simple, joyeux, et assez mignon pour devenir une décoration. Quelques idées :
- L'atelier de la veille. Fabriquez-en un avec vos témoins ou vos enfants d'honneur le soir précédant le jour J, et suspendez-le à la fenêtre de la chambre de la mariée. C'est un moment qui détend tout le monde.
- La guirlande porte-bonheur. Une dizaine de petites poupées en lin blanc, avec un ruban à vos couleurs, le long d'une pergola ou au-dessus de l'entrée.
- Le prénom des mariés. Brodez ou écrivez vos initiales et la date sur la robe de la poupée. Elle devient un souvenir.
- Le cadeau d'invité. Une mini-poupée suspendue à chaque serviette, avec une petite carte qui en raconte l'histoire.
- Le duo des traditions. Certains couples combinent le teru teru bōzu et les œufs portés aux clarisses, tradition française expliquée dans notre guide de la prière à sainte Claire pour le beau temps.
Et s'il pleut malgré tout ? Rappelez-vous qu'en France, la pluie porte bonheur : c'est tout le sens du dicton mariage pluvieux, mariage heureux. Le teru teru bōzu aura au moins fait son travail le plus important : vous faire sourire la veille. Et si vous aimez lire le ciel à la française, nos dictons météo, du « ciel rouge le soir » aux hirondelles, sont passés au crible.
Est-ce que le teru teru bōzu marche vraiment ?
Non, aucune poupée ne change la météo, et les Japonais qui en suspendent le savent très bien. Le teru teru bōzu n'est pas une prévision, c'est un souhait qu'on rend visible. Sa vraie efficacité est ailleurs : il donne à l'attente un geste, à l'inquiétude une forme, et aux enfants (ou aux témoins) une occupation. C'est exactement ce dont on a besoin la veille d'un grand jour.
Pour le reste, faites confiance aux chiffres et à un bon plan. Regardez les statistiques de pluie de votre date, préparez votre plan B pour un mariage sous la pluie, et parcourez nos autres superstitions de mariage pour d'autres porte-bonheur météo.
Si vous aimez les rituels, notre rituel de beau temps pour mariage suit le même esprit, en version sur mesure : il est accompli pour votre date et votre lieu dans les nuits qui précèdent le jour J, avec photo et bénédiction écrite. Pas de garantie de soleil, nous le disons clairement, mais une intention posée pour vous.
En bref
Le teru teru bōzu est une poupée japonaise blanche suspendue à la fenêtre pour demander du beau temps. Son nom signifie « moine qui brille ». Venue de la figurine chinoise Saoqing Niang, installée au Japon à l'époque d'Edo et popularisée par la comptine de 1921, elle se fabrique avec un mouchoir, une boule de papier et une ficelle. Tête en haut pour le soleil, tête en bas pour la pluie, des yeux une fois le vœu exaucé. Pour un mariage, c'est un rituel tendre, une jolie décoration et un excellent antidote à l'angoisse météo.
Questions fréquentes
Que signifie teru teru bozu ?
Teru teru bōzu signifie à peu près « moine qui brille, qui brille ». Teru veut dire briller, en parlant du soleil, et bōzu désigne un moine bouddhiste au crâne rasé. La petite poupée blanche, suspendue à la fenêtre, est censée faire briller le soleil le lendemain. Les enfants japonais la fabriquent avant une excursion, une fête d'école ou un événement en plein air.
Comment fabriquer un teru teru bozu ?
Froissez une feuille de papier ou un mouchoir en boule pour la tête, posez-la au centre d'un carré de papier ou de tissu blanc, rabattez le tissu autour et serrez sous la tête avec une ficelle ou un ruban. Gardez une longueur de fil pour la suspendre. Traditionnellement, on dessine le visage seulement une fois le beau temps obtenu.
Que faire du teru teru bozu après le beau temps ?
Selon la tradition, on lui dessine des yeux pour le remercier et on lui offre du saké, parfois versé sur la poupée avant de la laisser partir au fil d'une rivière. Aujourd'hui, la plupart des familles se contentent de dessiner le visage et de la garder en souvenir, ce qui est parfait pour un mariage.
Pourquoi le teru teru bozu est-il un peu effrayant ?
Parce que le troisième couplet de la comptine de 1921 menace de lui couper la tête s'il ne fait pas beau, et qu'une légende parle d'un moine décapité pour n'avoir pas arrêté la pluie. Ces versions sombres sont surtout connues des amateurs de folklore. Pour les enfants japonais, c'est avant tout un bricolage joyeux et rassurant.
Peut-on utiliser des teru teru bozu pour un mariage ?
Oui, et c'est une jolie idée. Fabriquez-en un la veille avec vos témoins, ou suspendez-en plusieurs dans le lieu de réception comme décoration. Vous pouvez inscrire vos prénoms ou la date sur le tissu. Il ne garantit rien, bien sûr, mais il transforme l'attente de la météo en moment complice.
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