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Folklore météo

Saints de glace : dates, origine et ce que disent vraiment les données

Les saints de glace sont saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, fêtés les 11, 12 et 13 mai. Selon la tradition, ils marquent les dernières gelées du printemps. Une étude de Météo-France sur 1951–2023 montre pourtant qu'au moins une station de plaine a encore gelé après le 13 mai deux années sur trois. Le dicton est un repère prudent, pas une date-limite.

Par l'équipe Weather Witch · Mis à jour le 4 octobre 2026 · 6 min de lecture

L'essentiel

  • Les saints de glace sont saint Mamert (11 mai), saint Pancrace (12 mai) et saint Servais (13 mai).
  • Dans le calendrier français actuel, ces trois jours sont ceux de sainte Estelle, saint Achille et sainte Rolande, mais l'expression « saints de glace » est restée.
  • Météo-France a étudié 130 stations de plaine de 1951 à 2023 : dans 49 années sur 73, soit 67 %, au moins une station a gelé entre le 14 mai et le 30 juin.
  • Le passage du calendrier julien au calendrier grégorien en 1582 a décalé les dates de 10 jours : les saints de glace médiévaux correspondraient à nos 21–23 mai.
  • À Paris, Bordeaux, Rennes, Strasbourg et Lyon, les données ERA5 de 2015 à 2024 ne montrent aucune journée sous 0 °C (température de l'air) après le 13 mai.

Les saints de glace sont saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, fêtés les 11, 12 et 13 mai. Selon la tradition paysanne, ils marquent les dernières gelées du printemps : avant eux, on ne plante rien de fragile ; après eux, on peut sortir les tomates. Le dicton est l'un des plus connus de France, et il contient une part de vérité. Mais les données de Météo-France montrent que le gel n'obéit pas au calendrier : il peut frapper avant, pendant, et surtout après.

Voici les dates, l'origine du dicton, ce que disent vraiment les statistiques, et ce que cela change si vous vous mariez en mai.

Quelles sont les dates des saints de glace ?

Les saints de glace sont les 11, 12 et 13 mai de chaque année. En 2027, ils tombent du mardi 11 au jeudi 13 mai, juste après le pont de l'Ascension (jeudi 6 mai 2027).

Date Saint de glace Qui était-il ?
11 mai Saint Mamert Archevêque de Vienne, en Gaule, mort vers 474, à qui l'on attribue l'institution des Rogations
12 mai Saint Pancrace Jeune martyr romain du IVe siècle
13 mai Saint Servais Évêque de Tongres (dans l'actuelle Belgique), mort au IVe siècle
15 mai Sainte Sophie Ajoutée dans certaines régions, en Alsace et en Allemagne notamment
25 mai (ancienne date) Saint Urbain Le « quatrième » saint de glace des dictons

Dans le calendrier français actuel, les 11, 12 et 13 mai sont devenus la Sainte-Estelle, la Saint-Achille et la Sainte-Rolande. L'expression « saints de glace », elle, n'a jamais disparu des jardins.

D'où vient le dicton des saints de glace ?

Le dicton des saints de glace est né au Moyen Âge, dans une Europe agricole où une seule nuit de gel en mai pouvait ruiner la vigne, les arbres fruitiers ou les semis. Les paysans repéraient les dangers du calendrier en les associant aux fêtes de saints, plus faciles à retenir qu'une date chiffrée. La page Wikipédia des saints de glace en recense plusieurs versions :

  • « Mamert, Pancrace, Servais sont les trois saints de glace, mais saint Urbain les tient tous dans sa main. »
  • « Saint-Servais, Saint-Pancrace et Saint-Mamert font à trois un petit hiver. »

Un détail amuse les météorologues : ces dictons datent d'avant 1582, l'année où le calendrier grégorien a remplacé le calendrier julien en supprimant dix jours. Les saints de glace du Moyen Âge correspondaient donc plutôt à nos 21, 22 et 23 mai. Personne n'a pensé à déplacer le dicton.

On le rapproche souvent de la lune rousse, la lunaison qui suit Pâques, généralement entre début avril et début mai : par nuit claire, le sol se refroidit et les jeunes pousses roussissent. Ce n'est pas la lune qui gèle les plantes, c'est l'absence de nuages qui la rend visible.

Le dicton est-il vrai ? Ce que montre Météo-France

Le dicton est vrai sur un point, le gel reste possible à la mi-mai, et faux sur un autre : il ne s'arrête pas le 14 mai. Dans un article de son magazine consacré à la fraîcheur des saints de glace, Météo-France a étudié 130 stations de plaine (altitude maximale de 400 m) sur 73 ans, de 1951 à 2023.

Les résultats, en trois chiffres :

  1. 49 années sur 73 ont connu du gel sur au moins une station entre le 14 mai et le 30 juin.
  2. Soit 67 % des années, deux sur trois : la dernière gelée de l'année est souvent postérieure aux saints de glace, au moins quelque part en France.
  3. La tendance est à la baisse. Avant 1995, jusqu'à 70 stations pouvaient geler après les saints de glace la même année ; depuis, le maximum observé est de 31 stations, en 2012.

Le froid de mi-mai, quand il arrive, s'explique par un afflux d'air d'origine polaire. Il n'a aucune raison de tomber précisément le 11, le 12 ou le 13.

Notre vérification sur cinq villes

Nous avons regardé les températures quotidiennes de 2015 à 2024 (données ERA5 via Open-Meteo) pour Paris, Bordeaux, Rennes, Strasbourg et Lyon. Deux constats :

Ville Minimale moyenne 1–10 mai Minimale moyenne 11–13 mai Minimale moyenne 14–24 mai Dernière gelée la plus tardive (2015–2024)
Paris 8,3 °C 9,1 °C 9,5 °C 28 avril 2016
Bordeaux 10,4 °C 11,0 °C 11,4 °C 4 avril 2022
Rennes 8,7 °C 9,0 °C 9,2 °C 12 avril 2021
Strasbourg 8,5 °C 10,3 °C 10,2 °C 24 avril 2016
Lyon 9,5 °C 10,3 °C 10,8 °C 25 avril 2024

Source : analyse Weather Witch, données quotidiennes Open-Meteo/ERA5, 2015–2024.

D'abord, les trois jours des saints de glace n'ont pas été plus froids que le début du mois : c'est même l'inverse, en moyenne. Ensuite, aucune de ces cinq villes n'a connu de journée sous 0 °C après le 13 mai sur ces dix ans. Attention à ne pas en tirer une règle : ces données représentent la température de l'air sur une zone de plusieurs kilomètres. Un jardin en cuvette, au ras du sol, peut geler alors que la ville reste à 3 °C. C'est exactement ce que capte l'étude de Météo-France avec ses 130 stations.

Verdict : le dicton est un bon conseil de prudence pour les jardiniers, un mauvais thermomètre pour tout le reste.

Faut-il éviter de se marier aux saints de glace ?

Non : un mariage à la mi-mai ne risque pratiquement pas le gel en plaine, mais il faut prévoir des soirées fraîches et un mois de mai souvent pluvieux. Le vrai sujet n'est pas la glace, c'est la pluie. Entre 2015 et 2024, il a plu au moins 1 mm sur 42 % des jours de mai à Paris, 40 % à Bordeaux et en Bretagne, 31 % en Provence et 28 % sur la Côte d'Azur. C'est plus qu'en juillet partout en France, comme le montre notre guide du meilleur mois pour se marier.

Mai a pourtant de vrais atouts : les ponts de l'Ascension et de la Pentecôte, des journées longues, une lumière douce, des prestataires parfois plus disponibles qu'en juillet. Et les superstitions romaines contre les « noces de mai », racontées dans notre article sur les superstitions de mariage, n'ont plus guère de partisans.

Pour savoir ce qu'il s'est réellement passé à votre date et à votre lieu ces dernières décennies, l'outil gratuit compte les jours de pluie un par un.

Les bons réflexes pour un mariage en mai

  1. Chauffer la tente. Avec des minimales autour de 9 à 11 °C, une soirée de mai sous un chapiteau sans chauffage devient vite longue. Notre guide du chapiteau de mariage donne les prix des options.
  2. Prévoir des plaids. Un panier de couvertures pour le vin d'honneur dehors fait des miracles, et des photos très douces.
  3. Avancer le cocktail. Le soleil tombe vite à la mi-mai, et la fraîcheur avec lui. Gardez l'extérieur pour la fin d'après-midi.
  4. Garder un repli couvert. Avec quatre jours de pluie sur dix dans le Nord et l'Ouest, mai n'est pas le mois pour tout miser sur le jardin. Le plan B complet est dans notre guide du mariage sous la pluie.

Les autres saints météo du calendrier

Les saints de glace font partie d'une famille de dictons qui rythment l'année météo française :

  • La Chandeleur (2 février) : « À la Chandeleur, l'hiver se meurt ou prend vigueur », un dicton qui a l'avantage d'avoir toujours raison.
  • Saint Médard (8 juin) : « S'il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard. » Nous l'avons passé au crible dans notre article sur le dicton de la Saint-Médard.
  • Saint Martin (11 novembre) : l'été de la Saint-Martin, ces quelques jours doux de l'automne, est expliqué dans notre guide des dictons météo.

Ces dictons ne prédisent pas le temps. Ils racontent une France qui vivait au rythme du ciel, et c'est déjà beaucoup.

En bref

Les saints de glace, Mamert, Pancrace et Servais, tombent les 11, 12 et 13 mai. Le dicton médiéval dit que les gelées s'arrêtent après eux ; Météo-France montre qu'au moins une station de plaine a gelé après le 13 mai dans deux années sur trois, de 1951 à 2023, même si ces gelées tardives reculent. Pour un jardinier, le 14 mai reste un repère prudent. Pour un mariage en mai, oubliez la glace : préparez plutôt des soirées fraîches, un peu de chauffage et un plan B contre la pluie.

Questions fréquentes

Quelles sont les dates des saints de glace ?

Les saints de glace tombent chaque année les 11, 12 et 13 mai : saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais. En 2027, ils tomberont du mardi 11 au jeudi 13 mai. Certaines régions y ajoutent sainte Sophie le 15 mai, surtout en Alsace, et saint Urbain, autrefois fêté le 25 mai, qui « les tient tous dans sa main » selon le dicton.

Pourquoi appelle-t-on ces saints les saints de glace ?

Parce que leurs fêtes, à la mi-mai, correspondaient aux dernières nuits de gel que redoutaient les paysans et les vignerons. La tradition remonte au Moyen Âge et associait ces trois saints au retour d'un « petit hiver ». Le froid de mi-mai vient en réalité d'arrivées d'air d'origine polaire, possibles à cette période mais pas à date fixe.

Le dicton des saints de glace est-il vrai ?

En partie. Il rappelle à juste titre que le gel reste possible jusqu'à la mi-mai, et même après. Mais il n'existe pas de froid particulier les 11, 12 et 13 mai : Météo-France montre que du gel a été relevé après le 13 mai dans deux années sur trois sur au moins une station, et que les grands épisodes de gel tardif deviennent plus rares depuis 1995.

Quand planter les tomates après les saints de glace ?

La tradition conseille d'attendre le 14 mai pour mettre en pleine terre les plantes gélives comme les tomates, les courgettes ou les poivrons. C'est un repère prudent en plaine. En altitude, dans l'Est ou dans une cuvette froide, attendez plutôt la fin mai et surveillez les prévisions de nuit claire, sans vent, qui favorisent les gelées.

Les saints de glace peuvent-ils gâcher un mariage en mai ?

Il est très peu probable qu'il gèle le jour d'un mariage en plaine à la mi-mai, mais les soirées de mai sont fraîches. Entre 2015 et 2024, la température minimale moyenne du 11 au 13 mai a été d'environ 9 °C à Paris. Prévoyez du chauffage sous la tente, des plaids et un cocktail qui ne dure pas jusqu'à la nuit en extérieur.

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